Souvenir d’enfance: une partie de chasse mémorable

Souvenir d’enfance: une partie de chasse mémorable

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© Photo: Ousmane Diallo

A chaque génération correspond une histoire et une civilisation. Le temps passe et laisse les traces qui constitueront les pages de l’histoire. Ainsi se créent les souvenirs indélébiles. L’adolescence au village ressemble à une scène dont on identifie les acteurs qu’après des années. Des moments très riches en souvenirs avec diverses saveur s. Des moments glorieux parfois effroyables qu’on se remémore en toute gaîté. Ma première partie de chasse occupe une place de choix parmi mes innombrables remembrances.

Dans les fin fonds du Fouta djallon quelques part au pieds de la montagne de Wouloun Poyé à Lelouma, j’ai vécu une bonne partie de mon jeune âge. A l’époque ma génération était hiérarchisée. Il faillait gravir des échelons pour atteindre la sommité « maturité ».


De ces étapes à franchir, la participation à la chasse et ses principes.

Pendant la période des grandes vacances, alors que j’avais entre 9 et 10 ans et mon sang circulait à chaud. J’étais turbulent au juste. Je me rendis compte que j’ai acquis l’âge minimum requis pour la chasse. Cette fois, je suis partant pour être le premier à relever ce défi parmi mes compagnons d’âge. Mais pour se faire la procédure est longue et les règles sont rugueuses. Au fond de moi, je me sentais pressé pour cette initiation nouvelle vers l’âge adulte. Je savais également que rien ne marchait dans la précipitation. Ce qui me serva comme un atout.

Le jour tant attendu arriva, me voici en face de l’épreuve. D’entrée je devais me présenter aux initiés récents afin de vérifier mon éligibilité. Cette vérification sera faite au niveau des Oreilles: leur l’aspect architectural. Toutes présence d’une moindre percée non conforme à l’anatomie naturelle est un signe de malchance à prendre en compte donc synonyme d’élimination.

Après c’est la vérification de la conformité de ma tunique, vint ensuite l’étape pratique où j’ai l’occasion d’étaler mon talent de chasseur. L’excellent tireur de lance-pierres que j’étais. Le principe suffisait juste de toucher un objectif placé à une dizaine de mètre à trois reprises successives. Je passe ce test avec brio. Ceci n’a été même qu’une u formalité. J’ai émerveillé plus d’un de mes supérieurs.

La compagnie de mon chien Médor m’a servi de levier pour sauter l’étape finale de validation ( pour évaluer mon sang froid face aux chiens). Mon profil a maintenant répondu à toutes les exigences. Cette fois ci j’intègre officiellement une équipe de chasse. Chacun affûte son arme: lance-pierres, arcs et flèches, chiens… Ma joie était immense, surtout lisible à travers mon visage. Le défi est levé je suis de la partie. Il me reste à combler les attentes. Donc il ne faut surtout pas rentrer bredouille dès ce premier pas.

Nous sortons par le côté Est du village où était dressée une lourde porte en bois appelé « Baafal dardja » (porte de la chance). Des consignes claires m’ont été adressé  » ne plus regarder par derrière, une fois que nous franchissons cette porte », c’est de coutume. J’ai retenue avec attention tous les conseils et consignes pour m’en servir dans l’avenir dans ma vie de chasseur.

Après quelques minutes de marche, nous traversames une petite clairière pour pénétrer dans la zone ciblée. Qui jadis, était une forêt humide étendue le long de la rivière comme le témoignage les arbres robustes qui y résistent. Mais l’action dévastatrice des riverains (feux de brousse et tronçonneuses) à eu son effet sur cette nature qui de par le passé était toujours verdâtre.

La tactique donnée est lancée. Nous nous éparpillâmes en groupe de deux (2) pour fouiner les coins et recoins de cet environnement broussailleux à la recherche du gibier. Soudain j’aperçus un oiseaux entre les branches de ce qui me ressembla à un fromager. D’un cailloux bien armé, je lui descendais dès le premier essai de lance-pierre. La partie s’annonce belle le pari est sur les point d’être gagné. A son tour, d’un flair magique, Médor suspecta la proximité d’un animal.

Contre toute attente, un lapin gris qui se cachait auprès d’une termitière surgissa sous mes yeux. Médor se lança à sa poursuite mais cette course poursuite ne dura pas longtemps. Le talent et l’intelligence de Médor étaient connu et il le confirma. Le gibier est sous son contrôle et il nous le rend sans difficulté.

C’est fut la détente pour moi. J’avais réussi mon intégration. Il ne faut plus aller loin. La partie s’arrêta pour ce jour. Nous retournons au village dans l’allégresse. Ce fut une journée triomphale.

Ousmane Diallo

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Ousmane DIALLO
Ousmane Diallo étudiant Guinéen vivant à Conakry/Guinée. Membre de l'Association des Blogueurs de Guinée. Activiste, passionné d'écriture et des TIC. Je suis venu dans le monde du blogging alors que je n'avais pas une connaissance réelle. Grâce à Internet j'ai franchi les échelons y pour arriver.

3 Commentaires

  1. Que de souvenirs ton billet éveille en moi, bien que je n’aie jamais été un chasseur. Le lance-pierre, on en faisait de mon temps, mais je dois avouer que je n’ai jamais été cabale de l’utiliser. Je préférais la colle fraiche, fabriquée à partir du caoutchouc pour attraper les moineaux, principalement.

    Je voudrais prendre la liberté de te conseiller de relire plus attentivement tes écrits.
    Bravo

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