Le calvaire d’un voyage de vacance (2èpartie)

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Après une année de travaux de durs labeurs, Les vacances constituent un moment de ferveurs et de détente avec accentuation des phénomènes d’exodes. Les déplacement sont de plus en plus nombreux. Des villes pour les villages et vice-versa. Dans la logique de cette lancée, s’inscrit la suite du récit de mon premier voyage pour Lélouma la prefecture qui m’a vue naître.

Capot ouvert d’un Peugeot ©- photo Ousmane Diallo 


[…] Une journée entière s’est passée et nous accumulons de plus en plus du retard sur cette route nationale numéro un (N°1) Conakry–Labé. La nuit tombe peu à peu. Nous voici en pleine brousse dans les ténèbres aux abords de KINDIA, la cité des agrumes. A l’orée, une nuit cauchemardesque se peaufine. Des insectes piquants de tout genre virevoltent tout au dessus de nos têtes.

La nuit du premier jour

Au delà de tout comportement hautain ou de considération sociale, nous detachons la bâche de nos bagages. Avec quelques morceaux de bois amassés dans les parages, le chauffeur allume un feu. Quant à nous, nous érigeons sans exception des dortoirs en plein air. La faible lumière du feu nous parvient à côté de la vieille Peugeot 505. A chacun sa préoccupation et ses souffrances. En alternance ou en simultanée, nos maux se partagent les instants de la nuit. Le sommeil, la faim, la fraîcheur, les piqûres d’insectes et  la nervosité se côtoient en nous. Entre peur et doute, nous gardons patience jusqu’au petit matin.

Deuxieme jour

Dès les premières lueurs du jour, nous nous levons comme dans un poulailler. « Arriver à destination » est notre souhait commun. Dès l’instant que le soleil pointa à l’horizon, le chauffeur brave la rosée et emprunte un motard pour trouver de l’aide en ville. Une bonne demie heure passée, il revient avec un mécanicien. Avec son œil de connaisseur, ce dernier s’active pour mettre son génie à notre service. Désespéré, tout le monde se comporte en apprentis déguisés. Les ordres et consignes du mécanicien sont exécutés à la lettre. De manœuvre en manœuvre il parvient enfin à identifier la maudite panne. Très vite il remet le véhicule en marche, les choses rentrent dans l’ordre.

 Il était midi passés, le soleil était au zénith et nous n’avions pas bougé d’un iota depuis la veille. Nous repartons de là tout furieux et surtout très affamés. Après une bonne heure de course j’aperçois une borne où il était marqué “KINDIA 15 KM”. Avec un sourire forcé, je réalise que je n’étais point le seul qui portait attention au kilométrage avant la prochaine ville. J’étais simplement un élément parmi le lot. L’espoir commença à renaître en nous et les visages commencent à se décrisper.  Le chauffeur qui était resté muet jusque là donne un signe de fermeté «À votre descente mangez vite sans vous disperser». Certainement ce signe est une réponse aux interminables grondement sur sa personne. Quelques temps après, nous arrivons à la devanture des gargotes.

Nous n’avions rien mangé depuis la veille. En fonction de nos états de santé, chacun fait sa commande. Malheureusement certains se sont laissés guider par le pouvoir du ventre qui surplombe celui de la tête. La prioté à la quantité qui supplante celle de la qualité. Rien à dire modestie oblige le minimum de discrétion. Nous avons vite mangé sans accuser beaucoup de retard. Très rapidement nous reprenons le chemin.Il nous restait encore plus du triple de la distance parcourue. 

Le chauffeur appuie sans cesse sur l’accélérateur. Les innombrables virages remuent nos ventres dans tous les sens. Cette alimentation  aveuglement ingérée commencent à se payer ses effets. De partout  J’entendis des ventre qui émettent des borborygmes . Puis l’atmosphère habitacle devient insupportable je vide ma bouteille de déodorant pour y résister. Malgré ce signe d’alerte, le chauffeur refuse d’obtempérer face à ma demande:  un arrêt pour évaluer la situation.

Nous sommes exactement dans la préfecture de Mamou. Soudain la jeune fille à ma droite qui jusque là était la superstar changea de statut.Elle n’est plus la jeune fille resplendissante au regard rehaussé.  Elle devient fébrile tout simplement malade. Elle ramène des éructations brusques, mal odorantes. Elle finit par vomir sur nous. Ma chemise et mon pantalon sont totalement imbibés de vomissures. Une odeur nauséabonde s’empare du véhicule et y règne en maître. Avec un air impuissant je me mets à essuyer sans succès. Avec une rage inqualifiable je me débarrasse de ma chemise. Il ne me resta qu’un simple tricot par crainte de rester torse nu. Je mène une lutte sans merci avec la fraîcheur historique du climat foutanien qui ne tarda pas à nous accullir. Le calvaire du voyage continue. Au fond de moi, je m’interroge. A quand mon arrivée à destination ?

Certe il n’y a point de déplacement inutile. Car ce voyage m’a donné plein d’enseignement et de souvenir en plus, je dirai que l’endurance s’avère parfois nécessaire pour parfaire nos perceptions de la vie.  

Ousmane Diallo 

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Ousmane DIALLO
Ousmane Diallo étudiant Guinéen vivant à Conakry/Guinée. Membre de l'Association des Blogueurs de Guinée. Activiste, passionné d'écriture et des TIC. Je suis venu dans le monde du blogging alors que je n'avais pas une connaissance réelle. Grâce à Internet j'ai franchi les échelons y pour arriver.

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