En Guinée, le temps passe, l’histoire se répète et les démons se réveillent

Kaporo rails Conakry

Champ de ruine à Kaporo Rails Conakry – Photo: Abdoulaye Oumou Sow, reproduite avec autorisation

Depuis l’indépendance, l’État guinéen est plus ou moins instable. Tantôt sur un plan politique, tantôt sur le plan social. Depuis bientôt dix ans, jamais il ne se passe un mois entier sans qu’une crise sociale ou politique ne surgisse. Partout ailleurs, les États normaux se démêlent pour subvenir aux besoins fondamentaux de leur population. En Guinée, c’est tout autre. L’Etat manifeste souvent sa présence que par la force, la brutalité, l’oppression voire l’injustice vis-à-vis de ses propres administrés. Oui l’injustice est bien entretenue et nourrit par l’État guinéen. Je me permets de le dire. Lorsque sans cesse, sous des regards impuissants, de paisibles citoyens sont victimes de « bavures d’État » sans réparation, cela n’a d’autres noms que de l’injustice.

Les vieux démons de l’Etat guinéen se sont réveillés

Comme en 1998, le quartier de Kaporo rails est de nouveau érigé en quartier martyr de la barbarie d’État. Sous d’autres cieux, il y aurait d’autres batailles plus urgentes à mener. Comme celui de la lutte contre la corruption, ancrée jusqu’au sommet. L’État, le ministère de la ville en tête, n’a trouvé mieux que de remettre le couperet sur les plaies jamais cicatrisées de 1998. Terroriser les populations, raser en un clin d’œil sans état d’âme, le fruit d’un labeur ardemment mené durant des décennies. Oui sous des regards impuissants, l’État guinéen vient de mettre des dizaines de familles à la belle étoile sans mesures d’accompagnement. Aucune. Oui, Kaporo rails est un domaine appartenant à l’État. Mais à ce jour, ce n’est plus une question de gouvernance ou d’appartenance, mais une question d’humanisme. Domaine de l’État il n’y a pas que Kaporo rails, mais pourquoi toujours Kaporo rails ?

L’État n’a trouvé mieux que d’ajouter à la  souffrance. Cette évacuation a été orchestrée par des hauts perchés dénués d’humanisme. Nichés dans des bureaux climatisés, ces commis de l’État sont loin des réalités de leurs concitoyens. Ils prennent des décisions hâtives, souvent irréfléchies, et les exécutent sur le dos du pauvre citoyen. Hélas, ceux qui devraient les ramener à la raison, ne sont que des suivistes. Ils sont des simples exécutants et le font souvent en excès. Sinon, rien ne pourrait expliquer le délogement  sans ménagement d’une famille légalement installée, avec des documents authentiques à l’appui. C’est pourquoi, le Guinéen doit se remettre en cause. Pour la prochaine fois, lorsqu’on aura l’occasion de choisir les gouvernants de notre pays, faisons-le en toute responsabilité. Faisons-le en toute objectivité loin des considérations politiques ou ethniques.

La leçon n’a toujours pas été retenue

Cette évacuation est bien sauvage car aucun humain normal n’aurait agi de la sorte. Alors que les séquelles du déguerpissement de 1998 se font toujours ressentir sur la stabilité du pays. L’État fabrique ses propres ennemis, on aurait pu s’en passer. Ainsi, une frange importante de la population est sacrifiée. À ce jour, aucun enfant issu d’une famille de ces personnes déguerpies ne peut continuer à suivre des cours dans une école. Alors qu’on le sait bien, un enfant qui ne part pas à l’école est susceptible d’être entraîné vers la dérive. Personne n’aime voir son enfant grandir dans la rue. Si ça avait été une calamité naturelle, l’État aurait l’obligation de protéger ces familles. Mais cette fois ci, c’est ce protecteur démissionnaire de ces familles même qui les déverse dans la rue. La Guinée est malade, malade du fait de ses dirigeants, malade par son élite. De simples réfugiés auraient mérité mieux que ces traitements indignes et inhumains. Dieu est aux commandes. Un jour ou un autre ces mêmes personnes récolteront les fruits de leurs semences.

Quelle perspective pour changer la donne ?

Les années à venir seront déterminantes. Une mutation profonde est plus que jamais nécessaire pour sortir la Guinée de l’auberge. Cependant, avant d’en arriver là, il faudra redoubler de vigilance. Aux vues de la situation actuelle, des scenarios complotistes de tout genre peuvent germer de partout pour saper les initiatives d’un changement. Comme des appels à un troisième mandat ou à une nouvelle constitution. Des « complots réels ou imaginaires », des manipulations ethniques et politiques sont une tradition dans l’histoire récente de la Guinée. C’est pourquoi il faudra surtout éviter de basculer vers ces pièges qui sont les jeux favoris des politiques. Ce déguerpissement à Kaporo rails n’est rien d’autre qu’un crime d’Etat et doit être reconnu comme tel. Il est temps de dire stop à toute cette délinquance étatique.

Ousmane Diallo, Mars 2019

Une leçon à apprendre de la « chute » de Mugabé 

© Photo pixabay

Depuis certain temps, un vent de renouveau souffle et continue de souffler de partout en Afrique, d’Est en Ouest, du nord au Sud. L’actualité politique africaine a été très riche au cours de cette année. Mais depuis le printemps arabe, la scène politique africaine est en pleine mutation. Ceux qui n’ont pas cédé par la voie légale des élections, ont cédé sous la pression populaire. 

Le pouvoir est comme une orange, l’on doit s’en débarrasser au moment où il reste encore du jus. Ils sont nombreux ces Présidents africains qui ne l’ont appris que trop tard, de Ben Ali à Moubarak, de Khadafi à Compaoré, de Yaya Jammeh à Edouardo Santos et beaucoup d’autres. Maintenant l’heure  de Mugabe a sonné. C’est son tour de connaitre une fin plus ou moins heureuse. Lorsque sa chute a pointé à l’horizon, il était trop tard pour lui de resister. Néanmoins, il a su se tirer d’affaire à la dernière minute pour sauver quelques meubles. Certains diront qu’il s’est retiré par la petite porte. Peu importe, l’essentiel est qu’il a pu amortir sa chute préserver un minimum de dignité.

Aucun être n’est né méchant. C’est la société et son environnement immédiat qui lui transforment en héro ou en monstre. Mugabe durant son règne,  a été l’homme qui gravit différents échelons de la vie. Il est arrivé en héro. Certains l’ont vu comme l’oiseau rare venue sauver pour sa nation.  A son départ, son peuple a crié d’un ouf de soulagement. Était il devenu un zéro ? Mugabé reste cet homme qui a libéré son peuple et son pays le « Zimbabwé ». Mais l’opinion retiendra aussi que cet homme a agenouillé son pays, politiquement, économiquement et aussi socialement. Après 37 ans de pouvoir absolu, le vieux lion a fini par abdiquer

De l’ambition à l’illusion 

L’on disait souvent que derrière un grand homme se trouve une brave femme. Je dirai aujourd’hui, que derrière la chute d’un grand homme, se cache une femme. Les faits etant les témoins absolus de l’histoire.

  • Laurent Gbagbo dirigeait d’une main de fer la cote d’ivoire. Sa femme Simone aurait joué un rôle à son entêtement au pouvoir après les élections. Cet état de fait a conduit à l’affrontement et d’énormes sacrifices humains. Gbagbo fini par être poursuivi pour crime. La suite est connue de tout le monde.  
  • Grace Mugabé a fini par semer la disgrâce sur le pouvoir et l’autorité du vieux lion Robert. La soif insatiable de pouvoir de celle qu’on appelait Lady Gaga, était plus que démesurée. Elle se croyait être dans une dynastie. Le rêve ou l’illusion de succéder son mari n’était plus voilé. Elle finit par abréger le pouvoir et l’autorité du vieux lion Robert qui y laissa des plumes. Car Lorsque l’envie dépasse la raison, la honte s’empare de l’âme.

Le Pouvoir quelle que soit sa  forme appartient Au peuple 

Nous sommes au XXIe siècle et le monde tourne à plein régime. Certains diront que la chute du vieux Mugabe serait un dictat de l’occident. Moi je dirais que c’est le peuple zimbabwéen qui s’est réveillé. Il a voulu se réapproprier de ses droits. Ainsi on retient que quelque soit le degré d’encrage d’un système,  il ne restera pas éternel. Quelle que soit la force d’un régime, le pouvoir du peuple est irrésistible. La raison d’un jour n’est point la raison de tous les jours. Mais lorsque l’ambition dépasse la raison,  la honte s’empare de l’âme. 

En Effet, vous tyrans, qui restez encore en place, apprenez à lâcher volontairement le pouvoir avant qu’il ne vous lâche en premier. Car le réveil du peuple ne saurait tarder. Les citoyens sont de plus en plus éveillés et ouverts au monde extérieur. Aucun pouvoir en déphasage avec le respect de la voix de ses concitoyens ne saura résister pour longtemps. Aucune forme de gestion, de coutume, ou de dictat n’est opposable à la souveraineté du peuple. . Quand le jour se lève, le soleil va briller peu importe l’humeur des uns et des autres. Je suis convaincu que le jour de la vérité et du salut est proche. D’ailleurs qui sera le prochain de la liste ? 

                                         Diallo Ousmane 

Ce jour j’ai rêvé et c’était pour ma patrie

Photo rêve

credit photo: kellepics/pixabay

Losque les autres font leurs cauchemars, moi je suis dans mon rêve.
Comme tout le monde j’ai en moi cette fibre intérieure face à laquelle je n’ai force. Je rêve pour ma patrie, la Guinée. Ce pays au passé glorieux, au présent rageur et à l’avenir « peut-être » prometteur. Oui, ce pays aux de gigantesques minerais, aux innombrables vestiges historiques et potentiels touristiques, oui, le bassin de l’Afrique de l’ouest. Je vous parle bien de la Guinée de Samory Touré, de Zegbéla Togba, d’Alpha Yaya, de Dinah Salifou. Oui, ce premier pays à dire « non » à la domination et au général De Gaulle. Oui, il s’agit de cette patrie de Sékou Touré. Cette patrie au génome résistant. Aujourd’hui, j’ose faire un rêve pour toi et pour toi seule.

Pourquoi les affaires ne tournent pas en rond malgré toute notre richesse ?

Malgré la résistance, la Guinée comme la plupart des pays d’Afrique de l’ouest a subi la domination du maître blanc français durant six décennies. Après la pénétration et l’instauration de la politique de « diviser pour mieux régner », les structures internes et les chefs traditionnels ont été vaincus. Des années de lutte durant, sous la conduite de Sékou Touré, le pays arracha sa liberté du joug colonial le 2 octobre 1958, des mains du général De Gaulle. Une indépendance qui a valu à la Guinée une sanction non prononcée du maître colon. Sanction due à l’indépendance ou la célèbre phrase prononcée à cet effet ? « Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage ». L’acte ou la manière ? L’histoire et l’avenir nous édifieront.

De mon souhait à mon rêve

Je sais que je rêve mais je fais un rêve objectif, loin de l’utopie. Car je suis certain que la Guinée sera développée par les guinéens et nul ne le fera à notre place. Et c’est maintenant qu’il faut agir, car nous possédons tout et sommes en manque de tout. Le réveil de tout un chacun sera la boule dopante de notre essor.
Le jour du salut est proche.
Pour le savoir, référerons-nous des dates du passé et du futur :

1898 – 1958 : soixante annéess qui correspondent à la durée qu’a passées le colon en Guinée en tant que maitre.
1958 – 2018 : il faudra encore soixante ans depuis notre indépendance, marquant le départ du colon. C’est aussi la durée de la sanction non prononcée contre la Guinée par le colon.

De là, je dirais que 2018 doit être l’année annonciatrice du salut. Car pour comprendre la sanction imposée à la Guinée, il faut analyser quelques faits :
La Guinée « arrache » son indépendance,
– Le colon se retire,
– puis il retire ses fonctionnaires,
– ensuite il transporte les archives, rapatrie son armée, et range sa monnaie.

En plus d’autres coups bas non connus du grand public.

Dans un de ses livres « Le coup d’État permanent », François Mitterrand, ami de Sékou Touré écrit : « De Gaulle ne tolère que les libertés qu’il octroie. Du coup, la Guinée fut chassée du paradis gaulliste ; on coupa ses crédits, on aveugla ses fenêtres sur l’Occident. »

Enfin libéré, le pays sortira de l’ornière. Il n’y aura plus d’importance de savoir qui est à la tête du pays. Qui vient de quelle région ? On aura juste surpassé nos différends, car le coup de magie s’effectuera tout seul en toute douceur.

Ousmane Diallo

Guinée : devoir de mémoire, n’oublions pas les jeunes martyrs du 22 janvier 2007

Les jeunes de Guinée se rappellent encore du 22 janvier 2007. Aujourd’hui, cela fait dix ans déjà que des jeunes guinéens engagés ont été martyrisés en plein cœur de Conakry, par des bérets rouges de la garde présidentielle du Général Lansana Conté, épaulés par d’autres éléments des forces de défenses et de sécurité. Un mouvement déclenché et dirigé par le mouvement social guinéen et le syndicat.

Ces éléments de l’armée habillés et nourris par les taxes et impôts, payés par ce même peuple, ont ouvert le feu sur des civils désarmés et pacifiques. Le seul crime de ces citoyens, se résumait pourtant à avoir réclamé la démocratie et le changement auquel ils aspirent. Cette répression sans vergogne se poursuivra jusqu’à la mi-février, et s’étendra à toutes les principales villes du pays. A l’arrivée ? La mort de plusieurs centaines de personnes, des milliers de blessés, dont certains sont désormais handicapés à vie, et des dégâts matériels considérables.

Depuis déjà une décennie, malgré le chargement de régime tant espéré, aucune enquête sérieuse n’a été faite pour rendre justice à ces martyrs. La justice n’a jamais eu le courage de mener des démarches pour rétablir les victimes dans leurs droits. Les événements de janvier et février 2007, s’ajoutent ainsi à la longue liste des crimes impunis qui ont lieu en Guinée depuis l’indépendance en 1958.

Quelles leçons tirer ?

Si on fait une rétrospective, on constatera que les idéaux de ces jeunes martyrs ont tous été trahis. Les principales figures de ce soulèvement de 2007 se sont servi de leur combat pour gravir les échelons du pouvoir. Le pire étant que les mêmes pratiques perdurent, sans pourtant qu’aucun doigt ne se lève, ne serait ce que pour honorer la mémoire de ces martyrs. Que justice soit faite pour les jeunes martyrisés de Guinée, pour que plus jamais de telles horreurs ne se reproduisent l’avenir.

Diallo Ousmane

​Guinée : le pays vibrait au rythme de la citoyenneté et de la paix

Guinée semaine de la citoyenneté et de la paix

Senacip Guinée

Une loi portant instauration d’une semaine nationale de la citoyenneté et de la paix a été voté par l’Assemblée nationale guinéenne. L’initiative est du ministère de la Citoyenneté et de l’unité nationale. Un mois après son adoption, elle a été promulguée par décret du Président de la République.
Pour la première fois, la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix (SENACIP) fut célébrée en Guinée du 01 au 07 Novembre 2016. Un événement qui se veut annuel et symbolique de références. Un signal fort du ministère Joker du gouvernement. Une initiative salutaire et hautement appréciée.

Ce 1er novembre 2016, la première édition de la semaine nationale de la citoyenneté et de la paix fut officiellement lancée au palais du peuple à Conakry. On notait la présence de plusieurs hautes personnalités Guinéennes et de diplomates étrangers. Ces personnalités se sont succédées du haut de la tribune pour tenir des discours axés sur la paix et la citoyenneté. Pour une fois, pouvoir, opposition et société civile ont conjugué le même verbe et entonné le même discours. Un fait rarissime dans le paysage politique guinéen en perpétuelle ébullition.

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Pour arriver à cet objectif, le Ministre Diaby, corbeau du Gouvernement, a dû batailler dur. Heureusement qu’il a triomphé sur l’aile des faucons de l’équipe gouvernementale. Plusieurs manœuvres furent menées pour faire capoter sa merveilleuse idée de projet. Son budget fut bloqué jusqu’à 2 jours en amont de l’événement et a considérablement été réduit. Convaincu et fort du soutien derrière lui, le Ministre a mené le combat jusqu’à l’aboutissement de son rêve. Il est entré dans le cercle des Guinéens modeles.

Une semaine célébrée dans la diversité.

Grâce à l’implication de plusieurs acteurs, diverses activités ont été menées sur le terrain.
– La troisième journée a été celle des actes citoyens de très grande diversités. On retiendra l’assainissement de lieux publics, la sensibilisation sur les méfaits des réseaux sociaux dans les écoles, des conférences sur la citoyenneté dans les grandes universités et lycées mais aussi, une sensibilisation des usagers de la route et tant d’autres.

© photo sbskalan

© photo sbskalan

– De son côté, l’association Des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) a assuré la médiatisation de l’événement sur les réseau sociaux. Des messages de citoyenneté, de paix, de tolérance mutuelle, et d’exemplarité ont été véhiculé avec le hashtag #GuinenModele. Des statistiques impressionnantes ont été enregistré. Plus 2700 tweets et 25 000 mentions sur facebook en une semaine. En plus de cela une synergie des radios est venue en appuis. Les langues du terroirs furent utilisées pour toucher le maximum à l’intérieur du pays.

Pour une fois, les Guinéens ont vécu une semaine paisible, loin de la politique, de l’ethnicisation du débat. Vive la Guinée citoyenne pour que vivent une nation forte, libre, juste et épanouie.

Ousmane Diallo

28 septembre, une date ancrée dans les annales de l’histoire de la Guinée 

Rassemblement du 28 septembre 2009 en Guinée


Dans l’histoire de l’ancienne rivière du Sud , le 28 septembre est l’une des dates les plus marquantes. Pour certains, ce jour leur rappelle des bons souvenirs et pour d’autres cette date réveille des blessures qui ont du mal à cicatriser. Une date, deux événements qui peuvent abréger l’histoire de la Guinée. Un passé glorieux et un présent douloureux. 


Le 28 septembre 1958, sous la conduite de Feu Ahmed Sekou Touré, la Guinée disait « NON » au Général De Gaulle lors référendum et décidait toute seule de quitter la communauté d’Afrique Occidentale Française (A.O.F). Un « Non » à la France et à la colonisation qui a valu à la Guinée son Indépendance le 2 octobre de la même année. Une determination, un courage ont mené ce jour au salut du vaillant peuple de Guinée et ont marqué le début de toute une histoire glorieuse. Un peuple laborieux forma une nation forte, de valeur, respectée et admirée. Au fil du temps qui passe, que d’espoir déçus, les rêves ont viré au cauchemars. Une nation qui se meurt à petit feu. 

[…] « Après la mort du grand baobab naîtront forcement divers champignons ». Une phase qui a tout son sens dans la succession des événements en Guinée. C’est ainsi qu’après la mort du Général Lansana Conté, l’armée prend le pouvoir « dans la rue » et torpille au sol les quelques grains de démocratie semés par le défunt Général et fait régner le pouvoir des « armes ».

À l’époque , suite à un appel des forces vives de la République, les populations ont convergé vers le grand stade de Conakry pour manifester leur ras-le-bol face à une éventuelle candidature du chef de la junte militaire, le Capitaine Moussa Dadis Camara. 

Ce lundi 28 septembre 2009, pour couper court à l’histoire et comme pour voler la vedette à cette date, l’armée au pouvoir sous le règne du Capitaine Dadis se défoule sur une manifestation d’opposants. Un carnage sans précédent, une sauvagerie sans limite, une barbarie inqualifiable furent menées contre des paisibles citoyens. A l’arrivée un bilan macabre de plus de 150 morts sous les balles des militaires, des dizaines de disparus, des handicapés à vie et de nombreuses femmes violées dans leur intimité en plein jour. 

il y a aujourd’hui sept ans, jour pour jour, au-delà de quelques inculpations, les bourreaux courent toujours et certains exercent même des hautes fonctions. Aucune reconnaissance pour les victimes qui attendent toujours que les crimes de ce jour soient élucidés, et qu’ils soient rétablis dans leurs droits. Que les coupables soient punis à jamais.

Que justice soit faite pour les victimes du massacre du 28 septembre, que les âmes des disparus soient honorées, et que plus jamais de telles horreurs n’arrivent en Guinée.